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vendredi 23 mai 2008

Marie-José Leclercq, l’autodidacte

Marie-José Leclercq a depuis toujours « faim du Français ». Cela remonte à l’école : « à l'époque, l'orthographe, la grammaire, la conjugaison m'étaient naturellement faciles », se souvient-elle.

Elle quitte le monde scolaire après le BEPC, lorgne vers le théâtre vers 17 ans. Mais cette velléité de carrière théâtrale ne plait guère à sa mère qui inscrit alors sa fille à un cours préparant le CAP de secrétariat après la 3ème. Marie-José démarre sa vie professionnelle comme secrétaire. Mais la jeune femme n’a pas froid aux yeux. C’est une communicante dans l’âme. Elle goûte au métier de commerciale : « à défaut d’un diplôme, j'ai fait marcher ma tête. Je ne suis jamais restée sur mes acquis », explique-t-elle. Première règle d’or de son parcours.

Le monde artistique la rattrape. Elle y reste 15 ans, signe des contrats pour des artistes, les accompagne dans leurs tournées, s'occupe de leur promotion…

Elle n’arrête pas et ne lâche jamais prise même dans les moments les plus difficiles: «je n'attends pas qu'on fasse appel à moi. En allant vers les gens, on déclenche l’envie de discuter. J’ai ainsi toujours trouvé des missions grâce au réseau que je me suis constitué ». Deuxième règle d’or.

Tout le long de son parcours, l’écrit ne l’a jamais quittée: « A l’âge de 10 ans j'éditais le journal de mon école. En tant que secrétaire, j'écrivais régulièrement à l'Académie Française pour trancher lors de désaccords avec mes patrons sur les tournures de lettres ou de rapports. Et j'ai conçu la documentation de mes artistes », souligne-t-elle.
Marie-José devient journaliste pigiste pour le Républicain du Val-de-Marne. Elle réalise des reportages sur des associations locales, couvre les évènements sportifs et culturels : « c’est une période de ma vie que j’ai adoré ! ».

La case diplôme


La future formatrice en communication - et écrivain - repasse par la case diplôme. Elle a alors 50 ans : « En France, on confond "compétence" et "diplôme". Il fallait répondre à cette exigence pour pouvoir réintégrer le monde du travail ». Elle passe une validation d’acquis d’expérience (VAE) tout en suivant une formation intense et complète de 9 mois auprès de l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Apfa). Le diplôme de "Formatrice professionnelle d'adultes" en poche, elle trouve des missions.

Sa spécialité : aider les gens à « accoucher des mots » à l’oral comme… à l’écrit. A l’ère de la mondialisation, des blogs et des mails, l’écrit est devenu quasi indispensable. « Mais de nos jours, bien peu de personnes savent écrire correctement et de manière attractive », constate-t-elle.

Elle intervient auprès de chefs d'entreprises, et notamment des créateurs pour les aider à mettre des mots sur leur activité et la valoriser : « les mots sont importants. Ils donnent de la visibilité. Ils donnent envie », professe Marie-José. Elle travaille beaucoup et « carbure à la vitamine C ». Elle propose aussi aux particuliers ses services d'écriture pour « mettre en mot la petite musique intérieure de chacun».

Son métier, elle l’aime. Cela s’entend lorsqu’elle en parle. Elle est généreuse dans le partage. Selon elle, il n’existe pas de succès économique sans l’humain, sans qu’il puisse prendre sa place au cœur d’un projet, puisqu’il est LE cœur même de ce projet…

Marie-José a rencontré des difficultés dans sa vie, parfois graves. Mais toujours, elle a su rebondir. Elle avance sans trop regarder en arrière. Elle se fixe des objectifs concrets à atteindre, et à coup sûr, elle les atteint !
Des projets, elle en a encore plein les tiroirs : « j’ai besoin de diversité et de suivre le mouvement du monde ! ». Oui, Marie-José l’autodidacte avance, encore et toujours.

Marina Al Rubaee

Pour Joindre Marie-José Leclercq
06 84 75 75 00

Contact e-mail
http://www.auboutdelaplume.over-blog.com/
http://www.formation.adultes.over-blog.com/

vendredi 14 mars 2008

Parcours d’un écrivain

Christie, « l’accoucheuse de livres »

Le monde du commerce, ce n’était pas pour elle. A la suite d’une rencontre, Christie change son fusil d’épaule. Elle devient « écrivain privé » à son compte, un métier qui lui permet « d’être en accord avec la vie, les autres, mais surtout avec elle-même ».

Christie plante ses yeux dans les vôtres et vous ne les lâchez plus. Ils expriment une passion, une conviction. Ses gestes sont expressifs, vivants. Ils appuient ses propos qui coulent dans un phrasé fluide, clair et précis. Elle parle avec énergie. Vous l’écoutez. Elle vous a ouvert avec plaisir les portes de son monde. Et vous n’avez qu’une seule envie, la suivre dans son univers.
Elle sait transmettre la passion de son métier d’écrivain public. « Non, je préfère le terme d’écrivain privé », corrige-t-elle.
Je l’ai rencontré un matin au mois de janvier, à l’heure du petit-déjeuner, dans ce café à deux pas de chez elle. Elle commande un thé et moi un café au lait. Le serveur me regarde avec de grands yeux ronds. « Ah, vous voulez dire un crème, alors ! » Le souci précis du mot…Nous allons passer presque une heure ensemble.
J’ai préparé une liste de questions, consigné dans un petit cahier. Comme si elle les avait devinées, elle y répond avant même que je ne les ai posées.
Elle a quitté le monde du commerce pour lequel, elle était destinée par ses études. Suite logique, sauf pour elle afin de « pouvoir enfin vivre pleinement. »

Sa reconversion : le fruit d’une rencontre
«Cela ne me correspondait pas. Je n’arrivais pas à me vendre à mes entretiens ».
Un jour, elle, elle feuillette un Télérama et tombe sur le portrait d’une femme dont le métier est « d’accoucher de la vie des autres ». L’idée lui plait. Elle la rencontre. Christie se passionne pour ce métier. Elle n’a alors plus qu’une envie, suivre la même voie. « C’était comme une étincelle dans mon horizon obscurcie»
La jeune femme renoue alors avec un des amours, l’écriture. Et puis, elle sait aussi écouter.
Elle se lance, seule, à tâtons. Elle décrit son projet, construit une plaquette «Pour m’exercer et me faire connaître, j’ai mobilisé mon réseau proche, soit en tout 70 personnes ».
Sa démarche trouve un écho auprès des amis de ses parents. Christie démarre alors son activité par les biographies familiales. « L’entourage permet de mettre à l’étrier mais il ne peut s’agir que d’une aide ponctuelle.
Le but est de se pérenniser de façon professionnelle », prévient-elle.
Elle mettra deux ans pour se positionner. « Il est difficile d’en vivre complètement. Je conseille souvent d’avoir, à côté, une autre activité pour compléter ses revenus ».
Peu à peu, elle délaisse les biographies pour se tourner vers les livres de management. Elle prête ainsi sa plume à des professionnels de l’entreprise qui pour certains souhaitent témoigner de leur parcours, qui pour d’autres, il s’agira de vulgariser des méthodes de management.
Parfois, Christie aide ses clients à trouver l’éditeur qui publiera leur livre (L’efficacité sans stress ; Mieux vivre avec ses émotions … et celles des autres ; Au secours, je n’aime plus mon job ! )
Aujourd’hui, les livres de management représentent 90% de son activité. « Il est important de trouver une « niche » qui nous aidera à nous démarquer. Cela ne sert à rien de se lancer dans une activité dans laquelle tout le monde s’engouffre déjà ».

Gérer ses relations avec ses clients
Trouver sa place face à un client n’est pas toujours une mince affaire. Selon Christie, elle n’est pas seule à porter le projet sur l’épaule. « Le client doit autant que moi s’impliquer dans le travail. C’est de l’ordre de 50-50 ». Au préalable, elle invite la personne à s’interroger sur ses propres motivations et l’objectif qu’elle veut d’atteindre.
« Je passe une demi-heure avec elle que je ne facture pas pour mieux cerner ce qu’elle souhaite vraiment ». Mais, si il y a bien une règle à laquelle elle ne déroge pas, c’est bien le temps qu’elle y consacre. «Les gens ne veulent pas définir une date butoir.
C’est pourtant primordial que les rencontres soient cadrées dans le temps si nous voulons mener à bien le projet ».
Christie s’est fixé le rythme d’une rencontre de deux heures tous les quinze jours. Elle a appris à travailler vite et bien. Sa méthode : elle saisit directement sur ordinateur l’entretien : « Rapidement, je me suis exercée à taper sur le clavier ».
Autre petite astuce : elle a paramétré des abréviations qui lui permettent de saisir plus rapidement les mots. « C’est bien pratique », assure-t-elle. Autre conseil : ne pas sous-évaluer son temps de travail. « J’offre de mon temps et c’est normal que cela soit payé à sa juste valeur. Et encore, certains de mes clients me disent que je ne facture encore pas assez cher ! », plaisante-t-elle.

Lutter contre la solitude et se faire épauler
« Mais attention, tout n’est pas tout rose dans mon métier car travailler de chez soi n’est pas toujours évident», prévient la jeune femme. Elle évoque ses moments de doute mais aussi le poids de la solitude.
Pour y faire face, elle a inventé ses propres conditions de travail. Par jeu, elle minute son temps d’écriture pour l’aider à se mettre des conditions optimales de travail. Elle a aussi réalisé deux blogs : un lié à son métier (plume de vie), et un autre plus personnel (ma vie sans moi avec lien). Elle a une vingtaine de « fidèles » qui interagissent avec elle sur son site.
« Elles, parce que c’est d’abord des femmes, sont un peu mes collègues de bureau que je n’ai pas. Je « poste » un message par jour. Toutes répondent ! ».
En parallèle, Christie organise régulièrement chez elle un « work and the city », une réunion entre femmes qui échangent, se conseillent et se rendent mutuellement des services pour le boulot. « Cela aide à prendre du recul et à se positionner. ».
Pour faire le point, elle se fait épauler par un coach (Chine Lanzmann). Cela l’a aidée à regarder et d’analyser les « angles morts » tels que de rendre plus positif son rapport avec l’argent… et par là, à augmenter son chiffre d’affaires et explorer des pistes auxquelles elle n’avait pas forcément pensé.

Se ménager des temps à soi
Le boulot, c’est bien mais il faut savoir, de temps à autre, être un peu « égoïste », c'est-à-dire penser à soi. Pour chaque journée, elle s’autorise un plaisir. Cela peut-être la lecture d’un livre, une petite promenade dans le quartier ou de ranger tout simplement son bureau.
La jeune femme s’est imposé un rituel. Chaque semaine, elle note sur son agenda des « rendez-vous avec soi » auxquels elle n’échappe pas : un cours de natation, des massages en institut... D’autant plus nécessaire qu’elle est maman de deux petites filles en bas âge. « Me consacrer du temps me permet de souffler et de me déconnecter avec toutes les contraintes extérieures ».
Un moment, elle lève les yeux vers le plafond. Huit ans déjà qu’elle exerce ce métier. Son regard se repose sur vous «Eh bien, je peux vous dire que je ne regrette rien ! »
Marina Al Rubaee